Germaine Faye et Laak Jom : des pionnières du recyclage sénégalais à la menuiserie plastique avec Recuplast et Waste & Hope

À Thiès, au Sénégal, il y a plus d’un quart de siècle, des femmes courageuses ont décidé de transformer une nuisance en opportunité. Parmi elles, Germaine Faye est aujourd’hui une figure emblématique de l’économie circulaire africaine — une femme visionnaire qui a su transformer un combat environnemental en moteur d’autonomisation sociale et économique.

Un défi transformé en mission

Dans les années 1990, la pollution plastique envahissait les champs autour de Thiès, rendant la terre difficile à cultiver et menaçant les récoltes. Ce constat poussa Germaine, alors encore jeune, à se mobiliser. En 1997, alors que l’ONG italienne LVIA lançait un concours sur la thématique de la protection de l’environnement, elle constitua un groupe de femmes déterminées à proposer une solution concrète. Leur projet sur la gestion des déchets plastiques remporta le concours, mais, plus important encore, il donna à Germaine une mission : diriger un projet de recyclage depuis zéro.

Avec six autres femmes, elle forma ce groupe appelé Laak Jom — qui signifie « détermination et honneur » en sérère — un nom qui résume parfaitement l’esprit de ces pionnières. Ensemble, elles commencèrent à collecter, trier et nettoyer le plastique abandonné dans les rues et les champs, travaillant sans relâche malgré les regards sceptiques et les conditions difficiles.

Du collectif à l’entreprise

Le travail de Laak Jom attira l’attention. En 1998, une unité de recyclage appelée Proplast fut créée, consolidant les efforts de ces femmes et professionnalisant leur activité autour de la transformation des déchets plastiques en matière première valorisable. Germaine Faye devint responsable de l’unité de production — un rôle qu’elle occupe encore aujourd’hui. Sous sa direction, Proplast a fait de l’économie circulaire une réalité tangible à Thiès, créant des emplois, stimulant une activité durable autour de la collecte du plastique et contribuant à l’assainissement de l’environnement local.

Dans les premières années, le travail de Laak Jom ne rapportait que quelques milliers de francs CFA par mois. Mais ces revenus modestes ont permis à ces femmes de subvenir à leurs besoins, de payer les frais de scolarité de leurs enfants et de donner un sens nouveau à leur travail.

Waste & Hope : une coopération internationale

En 2017, l’entreprise sociale Waste & Hope s’est installée en Europe pour soutenir Proplast depuis la France, avec l’ambition de stimuler la création de valeur ajoutée à travers le design et la commercialisation de produits finis issus de plastique recyclé. Cette collaboration a permis d’intégrer un design réfléchi — avec des partenaires internationaux — dans des gammes de produits fabriqués à partir de plastique recyclé collecté au Sénégal.

Grâce à ce partenariat, l’impact social et environnemental de l’économie plastique circulaire s’est amplifié. Waste & Hope a collaboré avec des designers, des écoles internationales et des artisans sénégalais pour créer des produits qui racontent une histoire : celle du déchet transformé, du plastique récupéré en ressource, et du rôle central des femmes comme Germaine Faye et les membres de Laak Jom dans cette transformation.

Recuplast : l’essor d’une économie circulaire locale

Le réseau Recuplast, porté par Proplast au Sénégal, s’inscrit dans cette dynamique, structurant la collecte et le recyclage des plastiques dans les quartiers. Il a créé des points de collecte, généré des emplois et réintroduit des matières recyclées dans l’économie locale. Aujourd’hui, Recuplast donne une plateforme durable à ces actions, transformant des kilos de déchets en valeurs humaines, sociales et économiques.

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